Concert de Sonic Youth
Author: Category: Music

Mon premier billet sur ce zine ne pouvait pas être sur un autre groupe qu’eux.

Il y a des concerts que tu vois. Et puis il y a ceux que tu prends en pleine gueule. Avec Sonic Youth, ce n’était jamais juste un live. C’était quelque chose de physique, de progressif, presque hypnotique. Les morceaux avançaient lentement, les guitares frottaient, grinçaient, montaient en tension. Tu sentais le son dans le ventre. Je ne suis pas du genre à danser pendant un concert, mais avec eux c’était impossible de rester immobile.

J’ai eu la chance de les voir deux fois.

La première, c’était au festival Les Escales, à Saint-Nazaire, en août 2008. Il y avait aussi cette énorme expo autour du groupe : Sonic Youth etc. : Sensational Fix. Tu comprenais à quel point le groupe avait dépassé le simple cadre du rock. Il y avait l’art contemporain, les vidéos, les pochettes, les collaborations, toute une manière de penser la musique autrement.

Je me souviens surtout d’avoir découvert à quel point leurs liens avec Nirvana étaient forts. Ça m’avait fait revoir autrement Last Days de Gus Van Sant. Dans le film, Kim Gordon apparaît comme une sorte de présence lucide au milieu du chaos. Elle essaye de sortir le personnage inspiré de Kurt Cobain de cette solitude et de cette image de rock star déjà condamnée. Je ne sais pas ce qui relevait du réel ou de la fiction, mais la scène avait quelque chose de très simple et très triste.

La deuxième fois, c’était à Paris, en octobre 2009, au Palais des Congrès de Paris. Un endroit totalement absurde pour voir Sonic Youth. Et surtout : on était assis.

Du noise rock joué devant des rangées de fauteuils. Le punk devenu spectacle de congrès. Forcément, ça créait un décalage étrange. Je me souviens d’avoir filmé une partie du concert sans bouger de mon siège, coincé dans ce fauteuil au milieu d’un son qui, normalement, te pousse à rester debout.

Les deux concerts étaient incroyables. Mais à Saint-Nazaire, dans la fosse, avec le son qui circulait dans les corps et les morceaux qui semblaient ne jamais vouloir finir, c’était autre chose. Tu ne regardais pas le concert. Tu étais dedans.

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