How not to become an old fart?
L’autre jour, alors que je trainais sur Facebook (grosse erreur, on ne m’y reprendra plus !), je suis tombée sur un post d’une personne que je ne connaissais pas. C’était une ancienne cliente qui le partageait, et puisque mes clientes sont toutes fabuleuses, je me suis dit que la publication m’intéresserait, et – naïf de ma part, je vous l’accorde – je m’attendais à ce que celle-ci soit alignée avec mes convictions.
The other day, while I was mindlessly scrolling through Facebook (huge mistake, I won’t be caught doing that again!), I came across a post from someone I didn’t know. It was shared by a former client of mine, and since all my clients are absolutely wonderful, I figured the post would be something I’d be interested in — and, naively I’ll admit, I expected it to align with my beliefs.
J’ai commencé à lire le texte, rédigé par une (ancienne ?) enseignante, qui commentait le mouvement des lycéen.nes. Dès les premières lignes, j’ai souri d’un air entendu : c’était une publication sarcastique qui avait pour but de faire tomber dans le piège tous les vieux cons de Facebook, avant de les éduquer (forcément, après tant d’années dans l’éducation nationale, ce serait devenu un automatisme de chercher à éduquer son prochain !).
I started reading, written by a (former?) teacher, commenting on the high school students’ movement. From the very first lines, I smiled knowingly: it was a sarcastic post designed to lure all the old farts on Facebook into a trap before educating them (of course, after so many years teaching students, trying to educate your fellow human beings must have become second nature!).
Tous les clichés y passaient : « la cantine ça n’a jamais été du 4 étoiles c’est bien normal et y’en a qui crèvent de faim dans le monde, ils seraient bien contents », « manifester parce qu’on travaille de 8h à 17h, qu’ils attendent d’être dans la vie active ils vont manifester tous les jours », « le gosse qui travaille n’a pas peur de parcoursup », « ok c’est moins facile dans le 93, mais quand on veut on peut, il suffit de travailler »…
Every single cliché was in there: « the school cafeteria was never five-star dining, that’s perfectly normal, and some people are starving in the world, they’d be thrilled with what they have », « protesting because you work from 8 to 5, just wait until you’re in the real working world, you’ll be protesting every single day », « the kid who works hard isn’t scared of Parcoursup », « okay, it’s not as easy in the suburbs, but when there’s a will there’s a way, you just have to work hard »…
Quel talent ! Tout le monde aller tomber dans le piège. À moins que…
What talent! Everyone was going to fall for it. Or so I thought…
A mesure que j’avançais dans ma lecture, mon sourire se muait en grimace. Où était le « je vous ai bien eus, bande de boomers ! » ? J’ai fini par scanner le reste du regard pour arriver à la fin du texte et découvrir avec effroi que c’était, depuis le début, du premier degré.
As I kept reading, my smile turned into a grimace. Where was the « gotcha, boomers! »? I ended up scanning the rest of the text at a glance, racing to the end, only to discover in horror that it had been completely sincere from start to finish.
J’étais sous le choc. Pas parce que cette femme avait osé écrire des lignes et des lignes d’absurdités, mais parce qu’une femme plus jeune de moi l’avait relayé en signe d’approbation.
I was stunned. Not because this woman had dared write paragraph after paragraph of absurdities, but because a woman younger than me had shared it as a sign of approval.
Tout ça m’a amenée à me demander : « Est-ce que les vieux cons se rendent compte du moment où ils le deviennent ? » et « Et si je finissais un jour par devenir moi aussi une vieille conne ?! »
All of this led me to wonder: « Do old farts realize the exact moment they become one? » and « What if I end up becoming an old fart myself someday?! »
Avant d’aller plus loin : je ne pense pas que mon ancienne cliente soit une vieille conne (on a bien le droit de se tromper parfois), mais je ne peux pas m’empêcher de voir sa republication comme l’un des premiers pas sur cette pente glissante.
Before going any further: I don’t think my former client is an old fart (we’re all allowed to be wrong sometimes), but I can’t help seeing her repost as one of the first steps down that slippery slope.
Mais alors, comment ne pas emprunter le même chemin ? La réponse m’est apparue immédiatement, ce qui je ne vous le cache pas, m’a rassurée. C’est en réalité très simple. Il suffit de deux-trois éléments :
So how do you avoid going down the same path? The answer came to me immediately, which, I won’t lie, was a relief. It’s actually very simple. It takes just two or three things:
1/ Écouter les jeunes. Listen to young people.
Ceux qui ont toute la vie (que je leur souhaite longue) devant elleux, tout l’espace mental, et toute l’énergie de s’exprimer, de se révolter. Le jour où l’on cesse de les écouter, de les croire, de les prendre au sérieux sous pretexte que l’on a vécu plus longtemps et plus de choses, on est mal.
Those who have their whole lives ahead of them (I wish them long ones), all the mental space, and all the energy to speak up, to rebel. The day you stop listening to them, believing them, taking them seriously because you’ve lived longer and experienced more, that’s when you’re in trouble.
2/ Se souvenir de qui l’on est dans le fond. Remember who you really are deep down.
Souvenons-nous de nos idéaux, de ce pour quoi on était prêt.es à se battre il y a quelques décennies. On parle souvent de se connecter à son enfant intérieur, mais n’oublions pas l’ado rebelle qui est toujours en nous ! Bon sang, on a manifesté nous aussi ! C’est pas parce qu’on a, pour beaucoup, les fesses vissées dans notre sièges et le visage éclairé par notre ordinateur 8 heures par jour, et une charge mentale aussi lourde que le poids du monde que cet.te ado est mort.e et enterré.e.
Let’s remember our ideals, what we were willing to fight for a few decades ago. People often talk about reconnecting with your inner child, but let’s not forget the rebellious teenager still living inside us! Damn it, we marched too! Just because most of us have our butts glued to our office chairs, our faces lit by our screens eight hours a day, and a mental load as heavy as the weight of the world, that doesn’t mean that teenager is dead and buried.
3/ Utiliser la méno-rage à bon escient. Use meno-rage for good.
Spéciale dédicace à mes camarades en [péri]ménopause : vous savez, la rage que vous ressentez parfois (ou tout le temps) ? Utilisez-la pour changer le monde et créer un avenir meilleur pour les générations futures. Engagez-vous, soutenez les jeunes, faites quelque chose de constructif de cette saine colère ! Vous allez voir : ça contribuera à créer un présent meilleur, aussi… y compris pour nous !
Special shout-out to my fellow [peri]menopausal women: you know that rage you sometimes feel (or all the time)? Channel it to change the world and build a better future for the generations to come. Get involved, support young people, do something constructive with that righteous anger! You’ll see: it will help create a better present too… including for us!
Et en bonus, n’oubliez jamais :
And as a bonus, never forget:
Photo d’illustration : Evgeniy Smershsur Unsplash