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Les Cure ? Ce fut le 1er vrai choc musical.
Enfin choc, je ne sais pas si c’est le bon mot, il y a toujours eu quelque chose de familier avec The Cure et ce dès le départ et ce même si on n’a jamais échangé ensemble.
The Cure a juste eu un impact fondamental sur ma vie. 

À l’adolescence, comme beaucoup de jeunes de ma génération, je me suis trouvé avec eux. J’étais imprégné littéralement par leur musique, leurs mots, leur univers. C’était un peu comme ma famille de musique, des frères. Ils m’apprenaient ce que je me devais connaître.

Oui j’étais « curiste », comme on disait. 
Et Monsieur : un « Curiste de fonction » !
C’est à dire un de ceux qui gueulaient quand on disait que les Cure c’était de la New Wave (alors que dans la new wave y’avait ces insupportables Depeche Mode).
Non (pour moi) c’était de la Cold Wave (et avec du recul, parce que je préférai juste le nom). 
Alors qu’en fait, bien sûr qu’on s’en tape. C’est juste qu’on était un peu cons, un peu beaucoup obtus. 
Autre exemple : quand Ian Curtis a mis fin à sa vie, c’était pas imaginable que New Order sorte ensuite. C’est comme si un musicien n’avait pas le « droit » de faire une autre musique, comme si Dave Grohl aurait du changer de carrière au départ de Kurt…

Enfin bon, heureusement on a grandi et l’esprit s’est ouvert.

Mes premiers émois, ce fut la trilogie : « Seventeen seconds », « Faith » et « Pornography ». Je prenais ces albums comme on prend des livres. Je plongeais dans ces albums en écoutant titre par titre : l’histoire, l’envolée lyrique.

Quelques temps après, commençant à en avoir marre de déprimer, j’ai écouté plus physiquement le premier album « Three Imaginary Boys » et ce fut salvateur : un savant mélange de cold, punk, rock, sec et froid… du pur bonheur.

Anecdote :
Je me rappelle, début des années 90 je crois, je travaillais dans un camping du côté de Fréjus pour un boulot d’été, et en allant au supermarché avec ma grand-mère, je suis tombé nez à nez face à un coffret rare. Heureusement, c’était en août (mois de mon anniversaire), heureusement, ma grand-mère était une femme exceptionnelle et généreuse, et on a réussi à partager les coûts pour m’acheter ce coffret qui de mémoire devait couter dans les 1500 Francs (environ 400 €) : c’était énorme, je n’avais pas le choix, il me le fallait, c’était comme un destin improvisé.

Certains albums ne m’ont pas touché autant. Mais il y a toujours eu quelque chose de surprenant et particulier dans chacun d’eux. Le son des Cure a toujours été unique.
Dans l’album « Kiss me Kiss me Kiss me » (enregistré en fait pas loin de Fréjus dans le Var en France) il y avait des chansons magnifiques qui ont marqué des générations, mais pour moi un de leur chef d’œuvre, c’est cet album majestueux, mature et solaire : « Disintegration », une forme d’apogée.

CRÉDIT PHOTO : The Cure, Londres, 1985 / Richard Bellia
Je vous invite à lire cet article sur le photographe et les Cure, passionnant ! A écouter aussi ce podcast sur le photographe Richard Bellia et les Cure.

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